FANTA
Fondatrice d’Aleysa.boutique
Quand la foi rencontre la mode, l’entrepreneuriat devient aussi une histoire de convictions.
À seulement 21 ans, Fanta a créé Aleysa.boutique avec une volonté simple : proposer aux femmes une mode modeste, élégante et accessible, tout en restant fidèle à ses valeurs.
De son premier déclic lors d’un voyage en France à son ambition d’ouvrir un jour une boutique à Montréal, elle raconte les coulisses d’une aventure entrepreneuriale faite de choix, de remises en question, de rencontres et de foi.
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AVANT ALEYSA.BOUTIQUE
Devenir entrepreneure avant même de savoir jusqu’où l’aventure irait
Avant de devenir entrepreneure, qui étais-tu ?
Je m’appelle Fanta, j’ai 21 ans et je suis l’aînée d’une fratrie. Cette place m’a très tôt appris à prendre des responsabilités et à développer mon leadership. Lorsque j’ai commencé à porter le voile, j’ai constaté un manque de choix en matière de mode modeste à Montréal. Un voyage en France m’a fait réaliser qu’une autre offre était possible. C’est de là qu’est née Aleysa.boutique.
À quoi ressemblait ton idée avant même d’avoir un nom ou un premier produit ?
Je voulais avant tout créer une marque qui rassemble. Mon objectif était de bâtir une relation de confiance avec mes clientes et de leur proposer des vêtements dans lesquels elles se sentent belles, écoutées et valorisées.
Mon voyage en France. En découvrant la diversité de l’offre en mode modeste, je me suis dit : « Je ne sais pas encore comment je vais y arriver, mais je vais le faire. »
Pourquoi avoir choisi le prêt-à-porter malgré la concurrence ?
J’avais identifié une réelle demande. Je savais que le secteur était concurrentiel, mais je n’imaginais pas à quel point la logistique, les marges et la gestion des stocks seraient exigeantes. Malgré ces difficultés, je voulais répondre à un besoin que je connaissais personnellement.
Quel manque voulais-tu combler ?
Le manque de choix, de couleurs et de diversité dans la mode modeste à Montréal. Je voulais proposer des vêtements élégants et tendance, sans que les femmes aient à dépenser des sommes importantes pour s’habiller selon leurs valeurs.
Avais-tu conscience de l’ampleur du défi ?
Oui, en partie. J’avais déjà une première expérience entrepreneuriale dans la vente d’accessoires, notamment des faux cils, des lunettes et des bijoux. Je connaissais donc certaines difficultés de l’entrepreneuriat, mais le prêt-à-porter s’est révélé beaucoup plus complexe.
Quel souvenir gardes-tu de ton premier produit ?
Mes premières pièces étaient des kimonos en satin. Voir des femmes porter des vêtements que j’avais moi-même sélectionnés était une émotion incroyable. C’était la preuve que mon idée devenait enfin réalité.
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CE QU’ON NE VOIT PAS
Les réalités derrière une marque de vêtements
Qu’est-ce qu’on ne voit jamais derrière une marque de vêtements ?
Les ventes qui ne se font pas, les stocks invendus et l’argent immobilisé. On peut être convaincue qu’une pièce va fonctionner, puis réaliser que le timing ou la stratégie n’étaient pas les bons. Derrière chaque collection, il y a des investissements, des risques et beaucoup d’incertitudes.
Quelle réalité a été la plus difficile à accepter ?
Comprendre que si je ne fais pas les choses, personne ne les fera à ma place. Au départ, on doit gérer le marketing, les finances, les commandes et la logistique, même lorsqu’on est fatiguée. Entreprendre, c’est accepter cette responsabilité.
Quelle décision t’a demandé le plus de courage ?
Refuser certaines collaborations qui auraient pu m’apporter beaucoup de visibilité, mais qui ne correspondaient pas à mes convictions. J’ai appris que toutes les opportunités ne méritent pas forcément d’être saisies.
As-tu déjà pris une décision que tu pensais être une erreur ?
Oui, lorsque j’ai cédé 50 % des parts de mon entreprise dans le cadre d’une association. J’ai parfois regretté cette décision, mais elle m’a énormément appris. Nous avons finalement mis fin à notre collaboration à l’amiable, dans le respect de nos convictions communes. Avec du recul, cette expérience m’a fait gagner en maturité.
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ENTREPRENDRE AVEC SES CONVICTIONS
Quand la foi devient un repère dans les choix professionnels
Quelle frustration t’a poussée à proposer une alternative ?
Le manque de diversité dans la mode modeste au Canada. Je trouvais frustrant de devoir choisir entre des vêtements qui respectaient mes valeurs et des pièces qui correspondaient réellement à mon style et à mon budget.
Pourquoi créer une mode compatible avec tes valeurs musulmanes ?
Parce que ma religion fait partie intégrante de mon identité. Je veux qu’elle se reflète dans mes produits, ma communication et mes collaborations. Mon objectif est que cette entreprise soit une source de bien pour moi, ici-bas comme dans l’au-delà, et qu’elle puisse inspirer d’autres femmes à entreprendre selon leurs convictions.
As-tu déjà dû choisir entre tes convictions et les exigences commerciales ?
Oui, notamment face à certaines tendances et collaborations. Au début, renoncer à des opportunités pouvait être difficile. Aujourd’hui, je sais que ma foi doit rester mon repère, aussi bien lorsque mon entreprise traverse des difficultés que lorsqu’elle réussit.
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LES FEMMES AU CŒUR D’ALEYSA.BOUTIQUE
Créer une marque, mais surtout une relation
Quel retour de cliente t’a particulièrement marquée ?
Je n’oublierai jamais Abby. Je traversais une semaine particulièrement difficile entre mes études et mon entreprise. Lorsque je lui ai remis sa commande, elle m’avait préparé un cadeau : un parfum Choco Musk. Je suis rentrée chez moi et j’ai pleuré. Son geste m’a rappelé que certaines personnes voient nos efforts, même lorsqu’on a l’impression qu’ils passent inaperçus.
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DANS LES COULISSES D’UNE COLLECTION
Créer, écouter et oser
Comment naît une nouvelle collection ?
Tout commence généralement par une envie. Je découvre parfois une pièce qui me plaît, mais qui est difficile à trouver au Canada ou dont le prix est très élevé. Cela me donne envie de proposer une alternative à mes clientes.
Comment sais-tu qu’une idée mérite de devenir une pièce ?
J’observe l’intérêt qu’elle pourrait susciter auprès de ma clientèle et ce qu’elle apporterait de différent à la collection. Parfois, j’ai aussi simplement envie d’oser et de tester quelque chose de nouveau.
Quelle place occupent les clientes dans tes décisions créatives ?
Une place centrale. Sans elles, Aleysa.boutique n’existerait pas. Leurs goûts, leurs besoins et leurs retours m’aident à faire évoluer mes collections tout en conservant ma propre vision.
Une pièce raconte-t-elle particulièrement ton histoire ?
Le kimono Zaliha, qui porte le prénom de ma cousine. Elle me soutient depuis les débuts de la marque et m’aide encore aujourd’hui, même lorsqu’il faut travailler tard. C’était ma façon de lui rendre hommage et de la remercier.
Si ta marque était une femme, comment la décrirais-tu ?
Une femme élégante, confiante et déterminée. Elle connaît ses valeurs, sait où elle veut aller et n’a pas besoin de renoncer à son identité pour se sentir belle. Elle est ambitieuse, mais reste accessible et authentique.
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FANTA, AU-DELÀ DE LA MARQUE
Rester soi-même, même derrière les réseaux sociaux
Qui es-tu en dehors de ton entreprise ?
Exactement la même personne ! Je suis passionnée par l’entrepreneuriat, j’adore parler business et découvrir de nouvelles opportunités. Mais je suis surtout quelqu’un de sociable, qui aime rencontrer des gens et énormément rire. Je ne cherche pas à créer un personnage sur les réseaux sociaux : je veux simplement rester moi-même.
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LA FOI COMME BOUSSOLE
Entreprendre avec une vision qui dépasse le chiffre d’affaires
Quelle place occupe la foi dans tes décisions professionnelles ?
Une place fondamentale. Elle guide mes choix, mes collaborations et ma manière d’entreprendre. Pour moi, la réussite ne se mesure pas uniquement au chiffre d’affaires, mais aussi à la baraka et au fait de construire quelque chose qui respecte mes convictions.
Un verset ou une parole qui t’accompagne ?
« Ihdina as-sirat al-mustaqim » : « Guide-nous dans le droit chemin. » Je souhaite que mon parcours entrepreneurial soit sain et bénéfique, pour moi comme pour les autres. Il y a aussi « Kun fayakun » : « Sois, et cela est », qui me rappelle que rien n’est impossible à Allah.
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L’AVENIR D’ALEYSA.BOUTIQUE
Voir plus grand sans perdre de vue l’essentiel
Qu’est-ce qui te fait le plus peur pour l’avenir de ta marque ?
Honnêtement, je n’ai pas de peur particulière. Même si mon entreprise devait fermer un jour, je sais que je serais capable de me réorienter. Tant que je reste fidèle à mes convictions et que je fais les efforts nécessaires, je peux avancer sereinement.
Quelle ambition n’oses-tu pas encore dire à voix haute ?
Je n’ai pas nécessairement d’ambition secrète. Je souhaite surtout continuer à faire grandir Aleysa.boutique et à développer un projet qui dépasse la simple vente de vêtements.
À quoi aimerais-tu que ta marque ressemble dans cinq ans ?
J’aimerais énormément ouvrir une boutique physique à Montréal. Mais surtout, je veux qu’Aleysa.boutique soit une marque qui inspire d’autres femmes à croire en leurs projets. Je souhaite créer une expérience qui va au-delà de l’achat et laisser un impact positif dans la vie de mes clientes.
Avec qui rêverais-tu de collaborer ?
Je n’ai pas de personne précise en tête. Je souhaite simplement collaborer avec des personnes qui partagent mes valeurs, ma vision et ma détermination. Pour moi, une collaboration doit avoir du sens au-delà de la visibilité.
Que souhaites-tu que les femmes ressentent en portant tes vêtements ?
Qu’elles se sentent belles, élégantes, spéciales et confiantes. Je veux qu’elles puissent s’apprêter, affirmer leur style et se sentir bien dans leurs vêtements sans compromettre leurs valeurs.
Que dirais-tu à la jeune femme qui rêvait de lancer sa marque ?
Qu’elle a bien fait de croire en ses rêves et de se lancer malgré les incertitudes. Je lui dirais de ne jamais laisser son âge remettre en question sa légitimité et de ne pas abandonner, même lorsque le chemin devient difficile.
Que peut-on te souhaiter pour la suite ?
De la bonne visibilité, pour toucher une communauté qui partage mes valeurs et inspirer davantage de femmes. Mais surtout, souhaitez-moi de la baraka. L’argent vient et repart, tandis que la bénédiction d’Allah est ce que je recherche avant tout. Je souhaite simplement continuer à bâtir une entreprise qui a du sens et qui apporte du bien autour de moi.
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ALEYSA.BOUTIQUE