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FRAGMENTS
Spirituality

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by P-HANA AWHB

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Original language: Français

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Chapter 1

CONCOURS PULSELY STORTIES 2026

Thème :«Un destin écrit dans le silence»

 

 

 

 

Petit, je me demandais si j'avais ma place dans ce monde.

Alors je me posais des questions : est-ce vraiment ma vraie famille ? Est-ce vraiment le vrai moi ? Est-ce qu'on m'avait adopté ? Pourquoi suis-je différent ? Peut-être que je suis un extraterrestre ?

Mais Allah savait pourquoi Il m'avait créé ainsi.

Moi, je ne le savais pas encore.

Je n'étais pas un enfant qu'on aurait qualifié de turbulent. J'étais assidu à mes cours des deux écoles — occidentale et coranique, comme on dit chez moi. J'étais toujours parmi les meilleurs. Je ne me plaindrais pas de mon éducation, alhamdoulillah.

Mais au fond, je savais que j'avais un problème : je ne savais pas qui j'étais.

Je savais juste que j'étais l'aîné, que je devais montrer l'exemple à mes cadets, que c'était à moi de prendre la place de maman quand elle n'était pas là, ou de papa quand il n'était pas là.

Je ne connaissais pas mon âge.

À chaque fois qu'on me le demandait, je devais compter sur mes doigts pour le trouver. Et à chaque fois, je me demandais si c'était vraiment mon âge.

J'avais l'impression d'être plus grand que ça — non pas par désir de grandir comme les enfants de mon âge. J'avais l'impression d'être né comme ça, grand, mais que j'étais simplement bloqué dans ce corps trop étroit, trop petit, trop limité.

Petit, les mots blessants qu'on me disait restaient en moi.

J'oubliais les mots gentils, pourtant je faisais des efforts pour ne pas les oublier. Alors, pour ne pas avoir cette douleur constante dans ma poitrine, j'effaçais les moments, les événements associés.

Parfois, je supprimais des journées entières.

Résultat : j'oubliais beaucoup.

Mais j'avais un ami.

C'était mon premier meilleur ami. Je l'aimais beaucoup et je l'aime toujours autant. J'en ai de très bons souvenirs. D'ailleurs, je prends encore mon téléphone pour l'appeler.

Mais je n'aimais pas son père.

Il était méchant.

C'est tout ce que je sais.

Petit, je n'ai pas eu le concours dans mon établissement de choix.

J'étais triste parce qu'on m'avait promis beaucoup de sucreries et de jouets. Je restais quand même un enfant, après tout.

J'ai dit à ma mère :

— C'est ce qu'Allah a voulu pour moi.

Elle m'a répondu oui, mais je ne sais plus ce qu'elle a dit. Je sais seulement que ça sonnait comme si je cherchais une excuse derrière laquelle me cacher.

Pourtant, je le pensais vraiment.

Je croyais que le destin d'Allah était meilleur que ce que je pouvais imaginer.

Je ne savais pas encore à quel point.

Je sais que j'ai eu envie de pleurer, parce que même aujourd'hui, quand j'y repense, je suis rempli d'émotion.

Je vois ses lèvres bouger, mais je n'entends plus ce qu'elle me dit.

Et je revois l'enfant que j'étais sourire, malgré l'envie de pleurer.

Quelques mois plus tard, j'ai eu mon entrée en sixième.

J'étais premier de mon centre. J'étais content. Peut-être ma mère aussi.

Mon père m'a offert un dictionnaire de vocabulaire.

Je l'ai toujours aujourd'hui.

Mais à l'époque, je n'aimais pas ce cadeau.

Mes camarades se vantaient des chaussures qu'ils avaient eues, des nouveaux jouets. Je voulais aussi en avoir, mais je me suis dit :

Pense à ce que tu pourrais avoir plus tard.

Allah te réserve un cadeau encore meilleur.

Les mois ont passé et c'était la rentrée.

Chacun racontait ce qu'il avait reçu comme cadeau. Alors, tout content, j'ai dit que mon père m'avait offert un dictionnaire de vocabulaire.

À cette période, j'aimais beaucoup ce dictionnaire. Je découvrais de nouveaux mots qui n'existaient pas dans mon livre du primaire.

Ils se sont moqués de moi, me demandant à quoi ça pouvait me servir.

J'ai souri et j'ai ri.

Mais je n'étais pas blessé.

J'étais fier de mon cadeau.

Le soir, j'ai raconté l'histoire à mon père. Je crois que ça l'a touché, peut-être même un peu blessé.

Il a commencé à ramener des jouets à la maison : des Lego, puis des chaussures, puis des sacs.

En sixième, j'avais dix ans.

J'étais avec une de mes camarades parmi les plus petits de la salle, et aussi parmi les premiers de notre classe.

C'était une concurrence rude et amusante.

La même année, mon dernier petit frère est né.

J'étais heureux.

Tout le monde l'était.

Les mois ont passé.

Ma rivale n'était plus là.

J'ai perdu le goût des études.

Mes camarades faisaient des répétitions. Depuis l'école primaire, j'en faisais avec ma mère, mais elle n'était pas très à l'aise avec les mathématiques de l'enseignement général. Et mon père n'était pas beaucoup libre.

Alors il m'a inscrit aux répétitions.

J'y ai fait une belle—

Non.

Une rencontre exceptionnelle.

C'était une fille brave et intelligente, très douée dans les matières scientifiques. On avait le même trajet.

Un jour, lors d'une séance d'exercices, nous avons tous eu une note sous la moyenne. Le répétiteur lui a demandé de donner à chacun une gifle correspondant au nombre de points qui nous manquaient pour atteindre la moyenne.

J'étais le dernier à passer. Il me manquait un point pour atteindre dix.

Elle a hésité.

Elle m'a regardé, puis a regardé l'enseignant.

Il lui a fait les gros yeux.

J'ai pris peur et je lui ai dit de le faire, que ça devrait passer.

Sur le chemin du retour, on était silencieux tous les deux, nous qui avions toujours quelque chose à nous dire.

Au moment de nous séparer, on s'est juste dit « bye ».

J'étais déjà loin lorsque j'ai entendu quelqu'un courir derrière moi.

Je me suis retourné.

Je l'ai vue venir vers moi, essoufflée.

Elle s'est excusée, disant qu'elle ne voulait pas le faire, mais qu'elle n'avait pas eu le choix.

C'était vraiment quelqu'un de gentil, avais-je pensé.

Je lui ai expliqué que je n'étais pas fâché et qu'elle n'avait pas à s'en faire.

Le lendemain, j'avais l'impression que quelque chose avait changé.

On était beaucoup plus proches.

Puis l'année est finie.

Je suis allé en quatrième.

Le groupe de répétition a été dissous et je n'avais plus de raison d'aller dans son quartier.

On s'est perdus de vue.

Mais je ne l'ai pas oubliée.

 

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