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Histoire pour le concours
Short Stories

Histoire pour le concours

by maam_buuso

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Original language: Français

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Chapter 1

Un destin écrit dans le silence

Il y a quelque chose de risible dans l’expression, « faire son deuil ». Comme s’il ne s’agissait que d’une cage à cocher, d’un post-it qu’on retire, d’un acte banal. 
Je ne suis toujours pas parvenue à faire mon deuil et je doute qu’il puisse en être le cas. Je ne pourrais vivre en l’oubliant, en niant sa présence. Mon souffle est bloqué depuis son départ. Je ne pourrais plus respirer avant. 
On sait tous que la mort est une épreuve lourde. Il y a un temps pour pleurer et un temps pour vivre. Comme il est difficile d’aller vers le second temps… 
Je ne pensais pas qu’il serait aussi difficile de le perdre. Je croyais que ce serait surmontable, de l’oublier, de faire comme si de rien n’était. De revivre… 
Je sens toujours ce poids en moi. Cette douleur lancinante. Cette difficulté à parler de lui parce que cela reviendrait à utiliser le passé avec la prise de conscience difficile qu’il ne sera plus ni dans mon présent ni dans mon avenir. 
On ne perd pas ceux qu’on aime. On perd des parties de soi. Des souvenirs. Des moments volés. Des rires. De la chaleur. De la présence. Ses pas. Son odeur. Sa présence. Ses conseils. Nos vies imaginées. Nos liens. 
On perd son monde. 
Je sais qu’il y a cinq étapes dans le deuil. Le plus difficile est l’acceptation. Faire la paix. Tourner la page. Accepter que ce soit terminé. 
Je ne crois pas pouvoir y parvenir parce qu’il sera toujours en moi. 
Je n’ai pas fait mon deuil mais j’ai trouvé un moyen pour le vivre en moi. 
« Le vrai tombeau des morts est le cœur des vivants » 
Il repose dans mon cœur. Il vit dans mes prières. IL vit à travers mes prières. 
Je n’ai pas fait mon deuil mais j’ai appris à faire vivre sa présence, à la faire résonner, à m’accrocher à elle. 
On ne peut pas oublier celui qu’on a aimé malgré le temps qui défile, malgré les années qui essaient de nous l’arracher brutalement et froidement. 
Mais, je l’ai aimé et cela lui donne une empreinte indélébile dans mon cœur. 
Je sais que tu es auprès de Ton Seigneur. Je sais que Sa Présence est meilleure que la nôtre. Je me rassure en me disant que là où tu reposes, tu dors en paix. Je sais que tu sais que tu me manques. Toi, mon père. Mon monument. 
Je ne parlerais jamais de toi au passé. Parce que tu es mon pilier. Tu es parti mais pour moi tu resteras toujours une partie de moi, la partie la plus précieuse. 
Quand j’ai appris ton départ de nos vies, je ne savais pas que je serais autant affligée. La douleur ne fut pas brusque. Elle a pris son temps. 
J’ai commencé à avoir mal quand j’ai su que ma vie ne sera plus la même sans toi, que tu ne me verras pas devenir. 
Mon cher papa, tu manques à ma vie. Même un rêve où tu apparais me fera du bien. 
J’ai changé en pensant à toi. J’ai essayé de devenir meilleure pour te rendre fière. J’essaie d’être celle qui pourras témoigner devant le Seigneur, que tu fus un bon père juste et bienveillant. 
Mon cher papa, tu me manques. Mais Mon Rabb est là. Sa Présence me réconforte. Elle me rappelle que Nous appartenons tous à Lui. Que toute vie est à Lui. Que deux cœurs ne pourront jamais se séparer. 
J’essaie de faire de ma vie une œuvre de sadaqa jariya en ta faveur. 
Je ne te verrais plus dans cette vie mais j’essaie de construire mon paradis où l’Amour de Notre Rabb nous couvrira. 
Tu me manques, Papa. Tu manques à ma vie. 
Je ne pourrais jamais faire mon deuil. Parce que tu seras toujours dans mon cœur.

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