Chapter 1 - Chapitre 1
C'est l'une de ces histoires qui me tient réellement à cœur... Je l'écris avec toute mon âme et tout mon cœur.
Aujourd'hui, vos cœurs et vos regards ne seront plus tournés vers ces personnes qui vous ont peut-être blessés, qui vous ont fait du mal. Ces personnes, vous allez les laisser derrière vous. Vous allez les oublier, ne serait-ce que le temps de quelques pages.
Car cette histoire est un nouveau départ.
Pas seulement pour Nour, mais aussi pour vous.
Alors, ne laissez pas vos yeux ĂŞtre les seuls Ă lire cette histoire.
Laissez votre âme la ressentir.
Laissez votre cœur entendre ce que les mots ne pourront jamais dire.
Parce qu'au fond... certaines histoires ne sont pas faites pour ĂŞtre simplement lues.
Elles sont faites pour être vécues.
* * *
Nour était allongée sur le lit de sa chambre. La lumière était éteinte, ne laissant entrer que les doux rayons de la lune, qui se glissaient à travers sa fenêtre et éclairaient timidement la pièce.
Ses cheveux noirs ondulés glissaient sur son oreiller, semblables aux vagues d'une mer déchaînée. Les bras derrière la tête, les yeux fixés sur le plafond, elle pensait.
Elle pensait Ă la vie qui l'attendait au Maroc.
Elle allait quitter tout ce qui avait fait sa vie durant ses vingt et une années d'existence. Sa famille. Ses amies. Ses habitudes. Ses souvenirs.
Tout.
Elle quittait tout pour poursuivre ses études au Maroc, à l'Université Mohammed V.
Elle n'avait jamais voyagé de sa vie. Jamais quitté véritablement ce qu'elle connaissait.
Pourtant elle partait demain soir.
Mais comme on dit...
Il y a une première fois à tout.
Elle souffla.
Ce n'était pas un souffle agacé. Ni même un souffle de colère.
Non.
C'était un souffle de fatigue.
Une fatigue profonde envers cette vie.
Cette vie remplie d'épreuves, de promesses brisées, d'amours mal compris et de blessures que l'on cache derrière des sourires.
Elle ferma les yeux.
Quelques secondes seulement.
Pourtant, ce fut suffisant.
Suffisant pour qu'un souvenir enfoui au plus profond d'elle refasse surface.
Un souvenir qu'elle avait oublié.
Ou peut-ĂŞtre... qu'une partie d'elle avait simplement choisi de ne plus se rappeler.
. . .
Elle était jeune.
Une jeune fille pleine d'intelligence, qui comprenait les choses bien plus vite que les autres enfants de son âge.
Une enfant différente.
Une enfant que certains admiraient...
Et que d'autres jalousaient malheureusement.
Ce soir-là , après son entraînement de boxe, elle marchait pour rentrer chez elle.
Un sourire étirait ses lèvres.
Elle venait de mettre K.O. un camarade pendant son entraînement et, malgré son jeune âge, elle en était plutôt fière.
En passant devant le parc, elle ralentit.
Elle aimait cet endroit.
Elle aimait la nature.
La terre.
Les arbres.
Le murmure du vent.
Tout ce qu'Allah avait créé avec une perfection que l'être humain ne pourrait jamais reproduire.
Son regard se posa sur le lac qu'elle longeait tranquillement.
Un sourire se dessina davantage sur son visage.
Puis soudain...
Des pleurs.
Nour s'arrĂŞta.
Elle fronça légèrement les sourcils avant de chercher d'où venait ce bruit.
Son regard parcourut le parc.
Puis elle la vit.
Une jeune fille était assise sur un banc, un peu plus loin. Elle cachait son visage entre ses mains, tandis que ses épaules tremblaient sous ses sanglots.
Le cœur de Nour se serra.
Aucune créature d'Allah ne mérite de pleurer à cause de cette dunya...
Sans réfléchir davantage, elle accéléra le pas.
Elle voulait savoir ce qui se passait.
Elle voulait comprendre.
Elle voulait simplement l'aider.
Lorsqu'elle arriva devant elle, Nour s'assit à ses côtés et lui tapota doucement le dos.
La jeune fille sursauta légèrement.
Elle ne l'avait pas remarquée, trop occupée à laisser couler ses larmes.
Elle abaissa lentement ses mains et se tourna vers la petite Nour.
Ses joues étaient encore mouillées.
Nour retira doucement sa main de son dos, puis fouilla dans la poche de son jogging avant d'en sortir un mouchoir.
Elle le lui tendit.
— Tiens... t'en as besoin.
La jeune fille prit le mouchoir et essuya les larmes qui continuaient de couler.
Puis, d'une voix faible, elle murmura :
— Merci...
Nour lui adressa un petit sourire.
Puis, sans détour, elle demanda :
— Tu veux en parler ?
La jeune fille esquissa un sourire triste.
Elle fixa le sol quelques secondes avant de murmurer :
— On essaye tous de se trouver une place dans cette dunya...
Elle marqua une pause.
Puis elle leva les yeux vers le ciel nocturne, parsemé d'étoiles.
— Mais quand on pense l'avoir enfin trouver... On se rend compte qu'en faite...
La lune brillait au-dessus d'elles, majestueuse et silencieuse, comme un rappel de la grandeur de leur Seigneur.
Nour suivit son regard.
La jeune fille leva lentement son bras et pointa son doigt vers la lune.
— Elle est là -haut...
Nour sourit doucement.
Ses yeux restèrent fixés sur cette lumière blanche qui semblait veiller sur elles.
Puis, dans un murmure, elle répondit :
— Ouais... c'est vrai.
. . .
Puis une personne ouvrit brutalement la porte, ce qui la fit ouvrir les yeux.
Elle ne se retourna mĂŞme pas pour savoir qui venait d'entrer.
Elle le savait déjà .
Un sourire commença doucement à se dessiner sur ses lèvres.
Assia.
Vingt-neuf ans.
Et pourtant, elle possédait cette beauté particulière que l'on remarque immédiatement, comme une lumière qui apparaît soudainement au milieu de l'obscurité.
Assia courut jusqu'au lit de Nour et, arrivée près d'elle, sauta directement sur le matelas.
— Aïe !
Nour éclata de rire en même temps qu'elle criait de douleur, tandis qu'Assia riait comme si elle n'avait jamais ri de sa vie.
Leurs éclats de rire remplirent la chambre.
Nour en avait les larmes aux yeux.
Mais cette fois, ce n'était pas à cause de la tristesse.
C'était parce qu'au fond d'elle, elle savait que ces petits moments avec Assia deviendraient bientôt rares.
Alors elle profita.
Elle profita de son rire.
De sa présence.
De cette complicité.
De cet instant.
Profitons du moment présent...
Lorsque leur fou rire se calma enfin, Assia se redressa et quitta Nour pour s'allonger à côté d'elle.
Elles restèrent silencieuses quelques instants, toutes les deux les yeux rivés sur le plafond.
Comme si chacune réfléchissait à ce que demain leur réservait.
Puis Assia brisa le silence.
Elle tourna la tĂŞte vers Nour et afficha un sourire malicieux.
— Tu vas te marier quand, Nour ?
Toujours occupée à regarder le plafond, Nour esquissa à son tour un sourire.
— Tu veux trop que je parte de la maison, avoue, Assia ?
Assia se mit Ă rire.
— Dis pas n'importe quoi, lumière ! T'es ma meilleure amie ici-bas et dans l'au-delà ! Tu peux rester ici jusqu'à ta mort si tu veux.
Nour fronça les sourcils et tourna lentement la tête vers elle.
Assia la regarda.
Elles se fixèrent quelques secondes.
Puis elles explosèrent à nouveau de rire.
Nour se tint le ventre, incapable de s'arrĂŞter.
— T'es mejnouna, Assia !
Assia ne put même pas répondre tant elle était morte de rire.
Quelques minutes plus tard, leurs rires s'apaisèrent enfin.
Le silence revint doucement dans la chambre.
Assia fixa le plafond avant de reprendre, cette fois plus sérieusement :
— Mais sérieux... les mecs, ça t'intéresse pas ?
Nour sourit doucement.
— J'attends le bon... Celui qu'Allah m'enverra.
Assia croisa les bras et prit un air faussement sérieux.
— Traduction : les mecs, ça pue la merde !
Elles étouffèrent un nouveau rire.
Puis le calme s'installa une nouvelle fois.
Soudain, le téléphone de Nour se mit à sonner.
Elle ne l'entendit même pas, trop plongée dans ses pensées.
Mais Assia, elle, l'avait entendu.
Elle attrapa le téléphone posé à côté de Nour et regarda l'écran.
— T'as une notif de ton groupe de potes.
Nour tourna légèrement la tête vers elle.
— Tu peux me passer mon tel ?
Assia lui tendit le téléphone.
Nour le prit et ouvrit la conversation.
Nourredine, Alma, Inès, Mariane, Miral, Karim...
Tous étaient là .
Son sourire s'élargit en découvrant leur message :
« Tu vas trop nous manquer, petite lumière ! Qu'Allah te préserve ! 🤍 »
Nour resta quelques secondes à regarder l'écran.
Une chaleur douce envahit sa poitrine.
Elle lança ensuite l'enregistrement d'un audio.
— Amin les guys ! Merci beaucoup, je vous—
— ON VOUS AIME !
Nour s'arrĂŞta net.
Elle tourna la tĂŞte vers Assia, qui venait de crier Ă pleins poumons.
Elle éclata de rire.
Après avoir terminé l'audio, Nour se redressa et s'assit sur son lit.
Elle passa une main dans ses cheveux avant de tourner machinalement la tĂŞte vers la porte.
Quelqu'un se tenait dans l'encadrement.
Son père.
Hamza.
Quand leurs regards se croisèrent, Hamza sourit.
Et le sourire de Nour s'agrandit de plus belle.
Assia, remarquant son immense sourire, se tourna à son tour vers la porte. Lorsqu'elle aperçut Hamza, son visage s'illumina immédiatement.
Elle se leva du lit de Nour et s'avança vers lui.
Hamza ouvrit grand les bras dans un petit rire.
À peine Assia fut-elle arrivée près de lui qu'ils se prirent tendrement dans les bras avant d'échanger un baiser.
Nour observait la scène avec un regard rempli de joie.
Elle aimait les voir ainsi.
Ses parents étaient tellement complices.
Tellement proches.
Elle les aimait profondément.
Et elle savait qu'ils l'aimaient tout autant.
À chaque fois qu'elle pensait à sa famille, elle remerciait Allah de l'avoir placée dans une famille comme celle-ci.
Une famille oĂą l'amour n'avait jamais eu besoin de grands discours pour ĂŞtre ressenti.
Lorsque Hamza et Assia eurent terminé de s'embrasser, Nour leva les yeux au ciel avec un sourire moqueur.
— L'amour, c'est beau, hein...
Assia se mit Ă rire nerveusement.
Elle connaissait parfaitement le petit jeu de Nour.
Alors, évidemment, elle allait jouer jusqu'au bout.
— T'inquiète, tu trouveras ta paire au Maroc.
Nour ouvrit grand les yeux et fusilla Assia du regard.
Cette dernière riait déjà de sa petite pique.
Hamza, lui, observait les deux femmes de sa vie avec amusement.
Puis, comme si de rien n'était, il demanda :
— Qui veut manger tacos ce soir ?
Assia et Nour se tournèrent immédiatement vers lui.
Elles se regardèrent.
Un silence...
Puis, d'une seule voix :
— ÉVIDEMMENT QU'ON MANGE TACOS CE SOIR, MON REUF !
Un éclat de rire général retentit dans la chambre.
Un moment banal.
Un moment simple.
Mais pour Nour, il avait une valeur inestimable.
Parce qu'elle savait que ces instants allaient bientĂ´t devenir des souvenirs.
Elle voulait profiter de chaque seconde.
De chaque rire.
De chaque regard.
De chaque « mon reuf ».
De chaque petit moment passé auprès d'eux.
Car demain soir...
Elle devrait leur dire au revoir.